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Textile d'entreprise

Emplacement du marquage sur la manche et le dos d’un tee‑shirt

Choix selon usage (image, vêtement de travail, EPI), technique et normes (art. R.4323‑95). Manche pour lecture rapprochée, dos pour visibilité à distance et con

Thibault Pierre Mis à jour le 22 octobre 2026 9 min de lecture

Emplacement du marquage sur la manche et le dos d’un tee‑shirt

L'essentiel

Choix selon usage (image, vêtement de travail, EPI), technique et normes (art. R.4323‑95). Manche pour lecture rapprochée, dos pour visibilité à distance et con

RubriqueTextile d'entreprise
Lecture9 min de lecture
Mis à jour22 octobre 2026

Placement du marquage sur la manche et sur le dos d’un tee‑shirt : choix à faire selon l’usage (vêtement d’image, vêtement de travail, EPI), la technique de marquage et les contraintes normatives et de propriété intellectuelle.

Emplacements fréquents : manche et dos — avantages et limites

Pourquoi l’emplacement compte

Le type d’usage du vêtement détermine le risque et les exigences. Un tee‑shirt porté pour l’image n’a pas les mêmes contraintes qu’un vêtement de travail ni qu’un EPI. Le code du travail, article R.4323‑95, rappelle que les EPI et vêtements de travail doivent être fournis gratuitement par l’employeur, avec entretien, réparation et remplacement selon les règles applicables. Pour un EPI, le marquage peut ouvrir des obligations nouvelles pour le modificateur dès lors que le vêtement est modifié.

L’emplacement influe sur la visibilité du marquage, sur le confort du porteur et sur la tenue technique du marquage. Un marquage placé sur une zone pliée ou près d’une couture subira plus de contraintes mécaniques qu’un marquage sur une grande surface plane. Pour le client acheteur (A), cela signifie poser des questions précises au fabricant et demander des preuves écrites d’autorisation si le vêtement est un EPI. Pour l’atelier (B), cela signifie vérifier la compatibilité textile et adapter le procédé au relief et à la couture.

Sur les aspects esthétiques, la manche est adaptée à des éléments lisibles de près (noms, petits logos), le dos à des éléments visibles à distance. Les conséquences techniques diffèrent : petites zones exigent des procédés tolérants au détail réduit; grandes zones exigent des procédés adaptés aux aplats et à la respirabilité.

Emplacements fréquents : manche et dos — avantages et limites

Manche. Avantages : lecture rapprochée, bonne zone pour noms, numéros ou monogrammes. Limites : taille disponible réduite, courbure du bras et présence de coutures, plis lors du mouvement. Ces contraintes impliquent des choix de procédé selon la taille et la complexité du motif. Pour l’acheteur (A), demander si le marquage prévu tient sur la zone et comment il est positionné sur les différentes tailles. Pour l’atelier (B), évaluer la tenue du procédé sur les zones courbes et le besoin d’entoilage ou d’astuces de pose.

Dos. Avantages : forte visibilité à distance, surfaces importantes possibles (haut dos, milieu, grand dos « full back »). Limites : grandes surfaces peuvent altérer respirabilité et toucher selon le procédé, poids et rigidité si la broderie est importante, risque de gondolage sur textiles fins quand un film est posé. Pour A, vérifier l’impact tactile et le rendu perçu par les porteurs. Pour B, prévoir tests sur le textile ciblé et adapter les paramètres d’application.

Technique et zone. Certaines techniques conviennent mieux à la manche (broderie mono‑couleur, flex découpé, DTF pour petits visuels) parce qu’elles supportent le relief et les coutures ; d’autres conviennent mieux au dos (sérigraphie, sublimation sur polyester, DTG sur coton pour grands aplats). Le choix doit être motivé par la compatibilité textile et par l’usage final.

Cas par procédé : que permet ou recommande chaque technique

DTF. Rendu en couche filmique obtenu par film PET imprimé CMJN+blanc et poudre adhésive thermofusible. Avantages : images CMJN avec blanc, applicable sur plusieurs supports sans prétraitement. Limites techniques : aspect « filmique » au toucher pour grands aplats, nécessité d’entretien du circuit blanc, extraction des fumées de cuisson. Pour l’acheteur (A), demander la TDS du film et la compatibilité lavage. Pour l’atelier (B), prévoir maintenance du blanc et gestion des fumées.

DTG. Jet d’encre directement sur le vêtement. Usage recommandé pour petits visuels sur coton 100 %. Nécessite un prétraitement sur foncé. Limites : inadéquation pour polyester sauf sublimation, attention au rendu sur fibres synthétiques.

Sérigraphie. Avantage pour grandes surfaces et pour les séries. Distinction d’encres (plastisol vs encres à l’eau). Rentable en grande quantité. Maillage à choisir selon le détail ; conversion : 1 fil/cm = 2,54 fils/pouce. Pour A, demander la méthode d’impression et le type d’encre. Pour B, ajuster maillage et encre selon le rendu attendu.

Flex / flock. Adaptés aux noms et numéros sur manche : coupes nettes, une couleur par couche. Pour A, préciser police, taille et gestion des empilements de couches. Pour B, préparer la découpe et le pressage selon TDS.

Broderie. Recommandée pour petits logos sur poitrine ou manche. Moins adaptée aux grands aplats sur dos sans entoilage spécifique. Le coût se calcule au nombre de points — il faut prévoir la digitalisation métier. Pour A, demander le fichier de digitalisation et un échantillon. Pour B, vérifier l’entoilage et la stabilité du textile.

Sublimation. Limitée aux textiles polyester clairs et blancs. Rarement adaptée sur manches ou dos en coton. Pour A, vérifier que le textile est compatible polyester. Pour B, s’assurer que la matière accepte la sublimation.

Pour chaque procédé, inclure systématiquement une demande à faire au fabricant/atelier : TDS (température/temps/pression), compatibilité textile, pelage hot/cold, préconisations de lavage et test si la tenue au lavage est requise. Les TDS et paramètres précis sont fournis par les fabricants ; il faut s’y référer.

EPI et haute visibilité : règles strictes avant tout marquage

Un vêtement de protection est un EPI au sens du règlement (UE) 2016/425. Modifier un EPI peut faire peser sur le modificateur des obligations du fabricant. Avant tout marquage sur EPI, exiger l’autorisation écrite du fabricant et la documentation associée (notice, déclaration UE de conformité).

EN ISO 20471 (haute visibilité) impose des surfaces minimales pour les éléments fluorescents et rétroréfléchissants. La pose d’un logo sur une surface fluorescente ou rétroréfléchissante réduit la surface utile et peut changer la classe du vêtement ou le rendre non conforme. Il est interdit de marquer une bande rétroréfléchissante : cela réduit la surface utile et peut faire perdre la conformité.

Consignes pour A : si l’article est destiné à un usage professionnel relevant d’un EPI, demander au fabricant la confirmation écrite de ce qui est autorisé et la preuve que le marquage ne modifie pas la conformité. Consignes pour B : ne procéder à aucun marquage d’un EPI sans l’accord écrit du fabricant et sans vérification documentaire.

Propriété intellectuelle et logotype : ce qu’il faut vérifier

Reproduire une marque ou une œuvre sans autorisation constitue une contrefaçon. L’atelier qui réalise l’objet est exposé. Avant toute production, obtenir une autorisation écrite du titulaire des droits. Vérifier les licences des polices et l’origine des images trouvées en ligne.

Pour l’acheteur (A), demander au titulaire des droits la preuve d’autorisation. Pour l’atelier (B), exiger un document prouvant la cession ou la licence et conserver cette preuve de production.

Fichiers et préparation pour la manche et le dos

Formats attendus selon procédé : vectoriel (AI/EPS/PDF/SVG) pour découpe flex et sérigraphie ; PNG/TIFF 300 dpi à taille réelle pour DTF/DTG/sublimation ; broderie : fichier de digitalisation (DST/PES/EXP/JEF). La digitalisation est une étape métier obligatoire pour la broderie.

Pour A, fournir au fabricant le format requis et préciser l’emplacement sur les différentes tailles. Pour B, vérifier que le fichier est adapté et effectuer une passe de préparation (digitalisation, séparation de couleurs, test d’épreuvage si nécessaire).

Sécurité opérateur & atelier

Risques liés aux procédés : poudre DTF, fumées de cuisson, solvants de sérigraphie. Nécessité de ventilation et d’extraction adaptées, d’une FDS pour les produits utilisés et du respect des guides techniques comme ceux de l’INRS. L’atelier doit documenter les moyens de ventilation et les procédures de sécurité.

Pour B, prévoir extraction des fumées pour DTF, gestion du blanc, protections pour la manipulation des encres et des solvants. Pour A, exiger des informations sur les mesures de sécurité si l’atelier intervient sur des produits sensibles.

Checklist avant production

Demander l’autorisation écrite du fabricant si le vêtement est un EPI. Obtenir la TDS du matériau d’impression/film/fil (T°, temps, pression, pelage hot/cold). Vérifier les droits sur le visuel et la licence de la police. Demander la preuve de compatibilité EPI si pertinent (notice, déclaration UE de conformité). Exiger un essai ou un fichier test pour valider tenue au lavage — la tenue doit être prouvée par essai (norme indiquée : ISO 6330 pour tenue au lavage).

Points d’attention et cas fréquents

Marquage sur manche d’un maillot de club : flex ou flock sont souvent adaptés pour numéros et noms ; la broderie reste possible pour monogrammes. Toujours demander la nature exacte du textile et le format du visuel.

Allégations « made in France » : ne pas écrire « made in France » pour un textile seulement marqué en France ; utiliser l’expression « personnalisé en France » si la personnalisation a eu lieu en France.

Allégations environnementales : se limiter aux labels précis cités par le client (GOTS, OEKO‑TEX) et exiger les certificats ; ne pas affirmer une qualité environnementale sans preuve documentée.

Éléments non établis ici : seuils de prix de marché, relevés page par page des modèles de machines, état précis de transposition nationale d’une directive entre la date de consultation mentionnée et la publication — ces éléments nécessitent un relevé spécifique le jour de la publication et ne sont pas fournis dans ce texte.

Encart obligatoire — blocs repris du dossier de travail

: si la page mentionne EPI, rappeler que modifier un EPI peut faire peser sur le modificateur des obligations du fabricant et qu’il faut obtenir l’autorisation écrite du fabricant avant marquage.

: reproduire une marque ou une œuvre sans autorisation = contrefaçon ; l’atelier qui réalise l’objet est exposé. Exiger l’autorisation écrite du titulaire des droits et vérifier les licences de police et images.

Sources et date : Légifrance — Article R4323‑95 (consulté 23/09/2026) ; Légifrance — LOI n° 2025‑188 du 27/02/2025 (consulté 23/09/2026) ; ECHA — Annexe XVII / PFHxA (consulté 23/09/2026) ; ISO 20471 extrait (consulté 23/09/2026) ; INRS (guides ventilation / FDS) — ouvrir et vérifier le jour de la publication. Consultez les fiches techniques fabricant (TDS) le jour de la production pour paramètres précis.

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Thibault Pierre

Thibault Pierre

Journaliste — Thibault Pierre écrit sur la sérigraphie, la broderie et le flocage, ainsi que sur les commandes de textile…

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