Aller au contenu

Sérigraphie & broderie

Broderie ou impression : choisir selon usage et EPI

Guide pratique/technique pour acheteurs et ateliers : critères d'usage, quantité, textile, conformité EPI, fichiers (vectoriel, matriciel 300 dpi) et formats DS

Theo Roche Mis à jour le 24 septembre 2026 9 min de lecture

Broderie ou impression : choisir selon usage et EPI

L'essentiel

Guide pratique/technique pour acheteurs et ateliers : critères d'usage, quantité, textile, conformité EPI, fichiers (vectoriel, matriciel 300 dpi) et formats DS

RubriqueSérigraphie & broderie
TechniqueBroderie
Lecture9 min de lecture
Mis à jour24 septembre 2026

Ce guide aide à choisir entre broderie et impression pour un projet de marquage textile selon l’usage, la quantité, le textile, la conformité EPI et les contraintes de l’atelier. Il s’adresse aux acheteurs (entreprises, clubs, associations) et aux ateliers/TPE : ton pratique pour le premier, technique pour le second. Aucun prix ni test maison n’est fourni ici.

Impression — panorama et sous-procédés

Ce qu’elles ont en commun

Broderie et impression partagent des étapes et des contraintes identifiables. Les deux exigent des fichiers propres et adaptés au procédé choisi. Les formats et la préparation varient, mais la nécessité d’un fichier lisible et exploitable est commune.

Les deux procédés impliquent des contraintes d’emplacement et de positionnement. Le marquage doit respecter les zones techniques du vêtement et les éventuelles indications de l’EPI. Pour un EPI modifié, il faut vérifier la notice du fabricant et l’accord écrit du fabricant avant toute intervention.

Sur le plan juridique, reproduire une marque ou une œuvre sans autorisation engage un risque de contrefaçon. L’atelier et le client doivent s’assurer des droits d’exploitation du visuel avant production.

Nécessité de fichiers propres (vectoriel pour découpe, matriciel 300 dpi pour impression). Contraintes d’emplacement et de compatibilité avec l’EPI. Respect des droits de propriété intellectuelle. Suivi des TDS/TDS produits et procédures de pressage/lavage selon fabricant. Sécurité atelier : ventilation et extraction selon procédés (ex. fumées de cuisson DTF).

Technique

La broderie repose sur le comptage de points et la digitalisation du fichier. Les formats métiers cités sont DST, PES, EXP et JEF. Le procédé impose des limites techniques : micro-textes et dégradés fins présentent des restrictions intrinsèques à la technique.

La broderie est produite par des machines mono- ou multi-têtes. La digitalisation est une étape métier nécessaire avant production en série.

Qualité perçue et tenue

La broderie ajoute du relief et du poids au textile. Elle produit un rendu cousu, perçu comme premium sur plusieurs types de vêtements. Sur textiles fins, la broderie peut provoquer un froncement nécessitant un entoilage d’assise.

Le toucher d’une broderie est distinct; l’aspect cousu reste visible après plusieurs usages selon le textile et la qualité du fil choisi.

Usages types

La broderie convient aux logos, écussons et éléments qui tirent parti du relief et d’un rendu cousu. Elle est souvent recommandée pour un look premium et pour des éléments de petite à moyenne taille adaptés à la technique.

Pour l’usage sur EPI, la compatibilité avec le fil et la tenue mécanique doit être vérifiée sur la notice du fabricant. Modifier un EPI sans accord peut entraîner la qualification de « fabricant » pour la personne qui modifie l’équipement.

Contraintes atelier / coûts

Les coûts de broderie sont liés au nombre de points et à la digitalisation. Les ateliers utilisent des machines spécifiques; la production en série implique souvent des machines multi-têtes. Aucun prix n’est fourni ici.

La planification technique (choix du fil, entoilage, positionnement) conditionne la qualité finale et la durabilité visuelle.

Impression — panorama et sous-procédés

Le terme « impression » recouvre plusieurs procédés distincts : DTF, DTG, sérigraphie, sublimation, flex/flock. Chacun présente des principes, atouts et limites spécifiques.

DTF (Direct to Film)

Principe : film PET imprimé en CMJN avec blanc, poudre adhésive thermofusible puis cuisson et transfert à la presse. Variantes de pose : hot peel / cold peel. DTF ne requiert pas forcément un pré-traitement du vêtement selon la source technique.

Atouts : permet des aplats photo et l’emploi de blanc pour imprimés sur foncé. Limites : rendu « film » perceptible au toucher et nécessité de gestion du circuit blanc. La cuisson génère des fumées : extraction et ventilation sont requises en atelier.

DTG (Direct to Garment)

Principe : impression directe sur le vêtement. Avantage notable sur coton 100 % : toucher souple. Pour textiles foncés, un pré-traitement est souvent nécessaire.

Limites : moins adapté au polyester. Les exigences machines et consommables diffèrent fortement de la DTF.

Sérigraphie

Principe : écran par couleur. La sérigraphie permet d’utiliser des tons directs et des effets spéciaux. Les encres mentionnées comprennent plastisol et encres à l’eau. Le plastisol est distinct des encres à l’eau et a des implications pour la certification GOTS.

Limite : la sérigraphie inclut des coûts fixes par écran qui rendent la technique rentable en série. Le maillage des écrans (fils/cm) et la nécessité d’une sous-couche blanche sur foncé sont des paramètres techniques à maîtriser.

Sublimation

Principe : fixation dans les fibres polyester via évaporation du colorant. Avantage : rendu sans sensation au toucher et bonne tenue. Limite : fonctionne uniquement sur polyester ou support enduit, et ne permet pas l’usage de blanc natif.

Flex, flock et autres transferts

Flex = film vinyle découpé; flock = effet velours. Ces techniques reposent sur film et découpe, une couleur par couche. Elles conviennent à certains usages mais imposent des limites de détail et d’empilement des couleurs.

Durabilité et confort dépendent de la qualité du film et du respect des TDS produits.

Comparaison qualitative — critères et conséquences

Une comparaison utile se fait critère par critère. Ce qui suit est qualitatif : pas de chiffres ni de tarifs.

Rendu visuel : broderie = relief cousu; impression = plat, variable selon procédé. Toucher : broderie ajoute du volume; DTG/print offre toucher plus souple; DTF produit un toucher film. Durabilité apparente : dépend du procédé et du textile; choix technique et TDS produits sont déterminants. Respirabilité : la broderie et certains films peuvent réduire la respirabilité selon la taille et la densité. Adaptation au textile : sublimation → polyester; DTG → coton 100 % recommandé; DTF → polyvalent sur foncé; broderie → large mais attention aux textiles fins. Détails fins : broderie limite micro-textes et dégradés; impression gère les aplats et les photos selon procédé. Conformité EPI : à vérifier impérativement selon la notice fabricant; certains marquages ne doivent pas être posés sur bandes rétroréfléchissantes. Droit d’auteur : mêmes contraintes pour tous les procédés.

Chaque critère renvoie à une décision pratique : choisir un procédé pas uniquement sur l’aspect, mais selon le textile, l’usage et la conformité réglementaire.

Scénarios d’usage et recommandations par cas

Les recommandations ci‑dessous sont des orientations techniques, pas des prescriptions exclusives. Aucun procédé n’est présenté comme « meilleur » pour tous les cas.

Polo professionnel pour équipe

Contexte : polos destinés au personnel, usage fréquent. Si l’objectif est un rendu premium et une tenue visuelle durable, la broderie peut convenir. Si le visuel est photographique ou complexifié par dégradés, une impression adaptée (DTF ou sérigraphie selon la série) peut être préférée.

Maillot de club avec nom et numéro

Contexte : marquage sur textile technique souvent en polyester. La sublimation est adaptée pour impressions durables sur polyester; pour marquages additionnels (noms, numéros) le choix dépendra du support et des contraintes d’entretien indiquées par le fabricant.

Goodies et petits cadeaux d’entreprise

Contexte : objets variés et contraintes budgétaires. Le choix du procédé tient à l’objet, au textile et à la quantité. Rappels réglementaires : la déductibilité fiscale citée dans les sources doit être vérifiée sur BOFiP pour les seuils applicables avant toute décision comptable.

Vêtements haute visibilité (HV) et EPI

Contexte : EPI soumis à des normes et à la réglementation. Il ne faut jamais marquer une bande rétroréfléchissante. Vérifier la notice du fabricant et demander l’accord écrit avant toute modification d’un EPI. La norme EN ISO 20471 est citée pour la HV; la norme est payante et ses valeurs doivent être consultées dans la version intégrale avant application.

Merchandising pour événement (sérigraphie ou DTF)

Contexte : merchandising avec fortes séries ou impressions photos. La sérigraphie reste intéressante en série pour ses effets et son coût relatif par pièce en volume; la DTF est adaptée pour un rendu photo avec usage de blanc sur foncé à l’unité ou petites séries.

Points de vigilance obligatoires (checklist)

Droits du visuel : obtenir l’autorisation écrite du titulaire des droits avant reproduction. EPI : demander et conserver l’accord écrit du fabricant avant modification; consulter la notice et la réglementation applicable. Haute visibilité : ne pas marquer les bandes rétroréfléchissantes; consulter EN ISO 20471 pour détails de surface (norme payante). Allégations environnementales : éviter termes génériques sans preuve et label précis; tenir compte de la directive (EU) 2024/825 et de la date de transposition nationale. PFAS / PFHxA : prendre en compte l’interdiction PFAS en France au 01/01/2026 et la restriction REACH pour PFHxA applicable au 10/10/2026 selon les textes cités. Paramètres techniques : suivre la TDS du produit pour température, temps et pression des presses à chaud. Sécurité atelier : respecter extraction/ventilation pour procédés générant fumées ou solvants.

Comment préparer un fichier et une commande

Checklist fichiers à fournir à l’atelier :

Vectoriel pour découpe (flex); formats natifs pour digitalisation broderie (DST/PES/EXP/JEF). Matriciel en 300 dpi à taille réelle pour impression, format PNG/TIFF si nécessaire, transparence selon besoin. Polices outlines ou fichiers vectoriels pour éviter souci de licence. Couleurs : préparation CMJN avec gestion du blanc séparée pour procédés qui l’exigent. Indiquer position exacte, textile exact, usage prévu et toute contrainte EPI envoyé à l’atelier.

Demander au fabricant de l’EPI la notice et l’autorisation écrite si le vêtement est concerné. Demander la FDS/TDS des encres, films et fils pour définir paramètres pressage et instructions de lavage selon le produit utilisé.

broderie ou impression en chiffresREACH — seuils (entry 79)25 ppb pour la somme PFHxA etppbLoi n°2025-188 du 27/02/2025 (PFAS) — interdiction applicable01/01/2026dateLoi « anti fast-fashion » n°2026-602 — barème éco‑contribution 20260,25 € à 12 € par produit en 2€TVA / cadeaux d’affaires — plafond déductible≤ 73 € TTC par bénéficiaire et€ TTC

Une série à marquer sur cette technique ? On transmet votre demande à un atelier proche de chez vous.

Demander un devis
Theo Roche

Theo Roche

Rédacteur — Theo Roche suit le matériel d'impression textile : imprimantes DTF, presses à chaud, films et poudres. Il compare…

Voir tous les articles de Theo Roche →

Un logo, 50 polos, une date ? Demandez votre devis marquage.

Demander un devis