Cahier des charges textile d’entreprise : ce qu’il faut préciser avant
Volume, support, échantillon, fiche technique : ce que tout cahier des charges textile d'entreprise doit préciser avant la commande.
L'essentiel
Volume, support, échantillon, fiche technique : ce que tout cahier des charges textile d'entreprise doit préciser avant la commande.
Un cahier des charges flou coûte un aller-retour. Pas de volume précisé, pas de support indiqué, pas de taille de logo : le fournisseur rappelle, la série prend trois jours de retard, et parfois c’est l’acheteur qui découvre le problème au moment de la livraison. Avant de parler sérigraphie, broderie ou flocage, il y a deux ou trois lignes à écrire qui évitent tout ça.
Sérigraphie, broderie ou flocage : ce que le cahier des charges doit trancher
Sur le suivi du BAT jusqu’à la facture, on voit bien à quel point un bon de livraison mal renseigné remonte toute la chaîne, jusqu’à la facture. Un cahier des charges clair, c’est l’inverse : il évite que l’atelier ait à deviner.
Volume et support : les deux informations à donner avant toute technique
Avant de choisir la technique, posez la question du volume. En dessous d’une cinquantaine de pièces, la sérigraphie ne se justifie presque jamais : le coût des écrans ne se répartit pas sur assez d’unités. Pour quinze polos, une broderie ou un DTF coûte souvent moins cher à la pièce.
Le support compte autant que le volume. Un softshell n’accueille pas la même encre qu’un coton épais. Un gilet haute visibilité, lui, répond à une réglementation précise : avant tout marquage, il faut l’accord écrit du fabricant et la relecture de la notice, conformément au règlement (UE) 2016/425 et à l’article R.4323-95 du code du travail pour les équipements de protection individuelle.
Un cahier des charges qui ne précise ni l’un ni l’autre force le fournisseur à relancer. C’est de la perte de temps pour tout le monde, et une source d’erreur fréquente : une technique choisie sur un support qui ne la supporte pas.
Sérigraphie, broderie ou flocage : ce que le cahier des charges doit trancher
Trois procédés, trois contraintes différentes. La sérigraphie impose un nombre de couleurs fixé à l’avance, parce que chaque couleur est un écran. La broderie dépend du nombre de points, donc de la finesse du logo : un détail trop petit ne se brode pas, il se tasse. Le flocage, lui, tolère moins bien les lavages répétés qu’une sérigraphie plastisol bien cuite.
Le cahier des charges doit trancher ces points avant la commande, pas pendant : nombre de couleurs du logo, emplacement exact (poitrine, manche, dos), taille en centimètres, et fréquence de lavage attendue si le vêtement est destiné au travail quotidien. Un logo qui craquelle au dixième lavage n’est pas un problème de logo, c’est un problème de fiche technique qu’on n’a pas demandée.
Le cas du textile de travail
Pour un vêtement de travail, ajoutez la fréquence des lavages industriels prévue et la matière exacte (coton, polyester, mélange). Ces deux informations suffisent souvent à écarter d’emblée une technique mal adaptée, avant même de parler budget.
Les étapes avant la commande validée
1. Échantillon
validé sur le support réel
2. Fiche technique
encre, matière, tenue lavage
3. BAT signé
couleurs, emplacement, taille
4. Facture
conforme au devis initial
Fiche technique et échantillon : ce qu’on demande avant de valider
Un cahier des charges ne se contente pas de dire ce qu’on veut, il dit aussi ce qu’on demande au fournisseur pour vérifier. Trois documents s’imposent avant toute validation :
La fiche technique de l’encre ou du fil, qui indique la tenue au lavage et la température de repassage tolérée. Un échantillon sur le support réel, pas sur un tissu proche, parce qu’un flex qui tient sur du coton peut craqueler sur un mélange polyester. Et, pour une série de plus de cinquante pièces, un essai de lavage sur une pièce avant le lancement complet.
Ce point rejoint directement ce qui se passe une fois le BAT signé : chaque étape doit laisser une trace, du choix de l’encre jusqu’à la facture finale. C’est ce qu’on détaille d’ailleurs à l’étape suivante, celle du BAT.
Ce que l’atelier fait du BAT une fois signé
Le bon à tirer n’est pas une formalité. Il fige les couleurs, l’emplacement et la taille du marquage, et c’est sur ce document que l’atelier règle sa production. Un BAT mal rempli, sans référence de taille ou de nuancier, se traduit par une série non conforme qu’il faudra refaire, parfois en totalité.
Dans une chaîne de prépresse bien tenue, cette étape s’intègre à un flux précis, du fichier reçu jusqu’au prépresse automatisé qui prépare les écrans ou les gabarits de broderie. Un cahier des charges clair en amont réduit mécaniquement les ajustements à ce stade.

Les mentions qui évitent un aller-retour avec le fournisseur
En pratique, un cahier des charges complet tient sur une page. Il contient le volume exact, le support et sa composition, la technique souhaitée ou à défaut les contraintes qui la détermineront, le nombre de couleurs ou de points, l’emplacement et la taille du marquage, et la fréquence de lavage attendue si le vêtement est porté au travail.
Pour les EPI, j’ajoute systématiquement une ligne sur l’accord du fabricant : sans elle, le dossier n’avance pas, quelle que soit la qualité du reste. C’est un point sur lequel je ne transige jamais, parce que la non-conformité ne se corrige pas après coup.
Côté gestion, un volume mal anticipé pèse aussi sur les stocks de consommables de l’atelier : encres, fils, films. Un fournisseur qui suit sa gestion des stocks de consommables absorbe mieux une commande précise qu’une commande vague reçue au dernier moment.
Mon avis sur la question
Un cahier des charges qui ne précise ni le volume ni le support n’est pas un détail oublié, c’est un chantier qui démarre mal. Je préfère systématiquement un acheteur qui pose dix questions avant la commande à un acheteur qui découvre les contraintes au moment de la livraison. Le temps gagné en amont se retrouve toujours dans le délai de production.
Faut-il toujours demander un échantillon avant de valider une série ?
Pour une série de plus de cinquante pièces, oui, systématiquement : un essai sur le support réel évite une non-conformité découverte trop tard.
Le cahier des charges doit-il mentionner la fréquence de lavage ?
Oui, dès qu’il s’agit de textile de travail porté quotidiennement : c’est cette information qui oriente le choix entre sérigraphie, flocage et broderie.

Thibault Pierre
Journaliste — Thibault Pierre écrit sur la sérigraphie, la broderie et le flocage, ainsi que sur les commandes de textile…
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