Textile d'entreprise
Cahier des charges textile personnalisé : quoi transmettre au fourniss
Volume, support, zone de marquage, couleurs, fichier, lavage : les six lignes à transmettre au fournisseur avant de commander du textile personnalisé.
L'essentiel
Volume, support, zone de marquage, couleurs, fichier, lavage : les six lignes à transmettre au fournisseur avant de commander du textile personnalisé.
Une commande de textile marqué se joue rarement sur la technique. Elle se joue sur ce qu’on a oublié d’écrire au fournisseur. Pour le choix du procédé, reprenez le comparatif des techniques d’impression textile. Ici, on part de l’autre bout : le cahier des charges qui permet de recevoir exactement ce qu’on a commandé.
Vérifier ce que le support autorise
Le volume décide avant la technique
Commencez par le nombre de pièces. Un fournisseur qui reçoit « une centaine de polos, logo devant » ne peut pas chiffrer sérieusement. Comparez deux cas. Pour 40 tee-shirts, la sérigraphie ne se justifie presque jamais : les écrans, le réglage et la mise en route coûtent le même prix, qu’on imprime 40 pièces ou 400. Au-delà d’une cinquantaine de pièces, la comparaison devient sérieuse.
Je ne ferais pas un devis sans ce chiffre. Ajoutez la répartition par taille et par couleur de vêtement. Une série de 400 pièces réparties en six tailles ne se découpe pas comme une série de 400 pièces en trois tailles, et le fournisseur doit le savoir avant de lancer ses écrans.
Vérifier ce que le support autorise
Le support passe avant la technique. Un vêtement de travail n’est pas un tee-shirt de salon. Si le produit est un équipement de protection individuelle, le marquage est encadré : le règlement (UE) 2016/425 définit les EPI, et la notice du fabricant dit ce qui est permis sur le vêtement. Avant de commander, demandez au fabricant du vêtement s’il accepte un marquage thermocollé, brodé ou sérigraphié, et exigez sa réponse par écrit. Une broderie posée sur une bande réfléchissante ou sur une zone de tenue peut remettre en cause la conformité du produit. Si le vêtement touche la peau, demandez aussi le certificat Oeko-Tex Standard 100 du support.
La matière compte autant. Un coton 100 % ne réagit pas comme un polyester : la tenue d’une encre ou d’un transfert dépend de la fibre. Un jersey avec 5 % d’élasthanne fait craqueler une couche épaisse au premier étirement. Pour les transferts thermocollés, le film et la colle se choisissent en amont, et le détail se trouve dans l’article sur les adhésifs et revêtements.

Les informations à donner au fournisseur
Un cahier des charges utile tient en six lignes. Chaque ligne évite une question, donc un aller-retour, donc quelques jours de délai perdus.
Le volume et la répartition. Nombre total, tailles, couleurs de vêtement. Sans cela, aucun coût par pièce n’est fiable.
Le support. Référence du vêtement, composition, grammage en g/m². Un 180 g/m² ne se comporte pas comme un 240 g/m² à l’impression.
La zone de marquage. Position, largeur et hauteur en centimètres. « Poitrine gauche, 10 x 8 cm », soit 80 cm², se chiffre. « Sur le devant, grand » ne se chiffre pas.
Le nombre de couleurs. En sérigraphie, chaque couleur demande son écran. Un logo à quatre couleurs coûte quatre écrans. Demandez-le noir sur blanc dans le devis, sinon vous le découvrirez sur la facture.
Le fichier. Un PNG basse définition donne un contour flou. Fournissez un fichier vectoriel (AI, EPS ou PDF vectoriel) ou, à défaut, un fichier à 300 ppp à la taille réelle.
Le lavage prévu. Température, séchage en machine ou non, repassage. Un marquage testé à 30 °C n’a pas été validé pour un cycle à 60 °C.
Ce qu’il faut transmettre au fournisseur avant la commande
Demander un échantillon et un essai de lavage
Un échantillon coûte bien moins qu’une série refusée. Demandez une pièce marquée dans les conditions exactes de la commande, pas une maquette sur un support de démonstration. Puis lavez-la vous-même, trois fois, selon le cycle prévu.
Le protocole de référence pour la solidité des teintures au lavage domestique est la norme EN ISO 105-C06. Un fournisseur sérieux doit pouvoir dire sur quel cycle il a testé et quelle fiche technique il applique. Sans ces deux réponses, un logo qui tient après un lavage ne prouve rien : il n’a été lavé qu’une fois.
Un marquage qui craquelle au dixième lavage n’est pas un défaut d’encre. C’est une fiche technique qu’on n’a pas lue. Je demanderais aussi un contrôle de la zone marquée au porter, parce qu’un logo qui gratte ou qui se décolle sur le torse fait râler le salarié bien avant le premier lavage.
Le budget par pièce, sans les mauvaises surprises
Le prix unitaire ne suffit pas. Le devis doit séparer le setup (écrans, films, réglage, préparation du fichier) du coût par pièce. Exemple chiffré, pas un tarif : un setup de 120 € et 3 € la pièce donnent 3,60 € l’unité sur 200 polos, mais 9 € l’unité sur 20 pièces. Le même logo, deux prix. Le choix se fait là, pas sur la plaquette.
Ajoutez les frais de transport, les retouches et les pièces de réserve. Prévoyez quelques pièces en plus pour les erreurs de taille : une marge de 5 % sur la quantité couvre souvent les casses de production. Vérifiez enfin si le séchage ou la polymérisation sont inclus dans le délai annoncé.
Ce qu’il faut relire avant de valider la commande
Relisez trois documents : le devis, le bon de fabrication et le BAT (bon à tirer). Le BAT est votre dernière chance de voir une erreur. Une faute dans le nom de l’entreprise ou une mauvaise position du logo se corrige là, pas après la livraison de 400 pièces.
Signez le BAT en mentionnant la taille, les couleurs et l’emplacement. Un BAT validé à l’oral ne vaut rien : c’est le papier qui fait foi. Je ne lancerais jamais une série sur une validation par téléphone.
Demain matin, reprenez le cahier des charges ligne par ligne : volume, support, zone, couleurs, fichier, lavage. Un fournisseur qui répond aux six lignes sans relance est celui avec lequel vous pouvez travailler.
Une série à marquer sur cette technique ? On transmet votre demande à un atelier proche de chez vous.
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Theo Roche
Rédacteur — Theo Roche suit le matériel d'impression textile : imprimantes DTF, presses à chaud, films et poudres. Il compare…
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